mardi 17 mai 2016

O'Outeiro -Santiago (16/5)

Petite frayeur du matin : brouillard...
Nous avons passé une soirée géniale avec Pili, notre hospitalera, Alfonso, Ramón, Antonio, Nestor, Paola et Paolo... repas pris en commun à l'auberge arrosé de rouge galicien et couronné d'un petit chupito du coin... que de rires, de bonne humeur et de fraternité !
J'ai bien dormi ( malgré la trompette ronronnante de Paolo qui donne plutôt dans les aigus !). Mais quand j'ai levé la paupière ils s'étaient tous envolés et il ne faisait même pas jour. Il ne restait plus que Daniel le rouennais ! Moi j'aime pas marcher quand il fait nuit, na... alors j'ai attendu qu'il fasse jour !
Doux chemin serpentant dans la forêt de chênes, pins ou eucalyptus : quels parfums en marchant, le tout agrémenté de fleurs sauvages, d'un petit lapin qui détale, d 'une bergeronette qui me montre le chemin, des chants d'oiseau, d'un petit chevreuil qui bondit...le paradis...
L'arrivée à Santiago par ce côté est bien plus belle que par le Camino Frances. Mais alors il y a une petite côte mortelle pour passer le pont de chemin de fer : on se demande si avec le poids de la mochila on ne va pas repartir en arrière !
Et puis... merveille... on voit la ville et les clochers !
Je me suis dit : pas croyable, je suis presque arrivée !
Et je suis arrivée enfin pour de bon. J'ai passé le petit pont romain, retrouvé les  ruelles pittoresques qui montent et qui descendent avec un air de fête...
Première chose à faire : dénicher le seminario menor pour réserver sa place et déposer sa carapace... une bonne douche et hop prête à repartir. Les copains m'appellent pour les retrouver et déjeuner au Manolo, place Cervantes.
J'ai retrouvé Dorothea et Jens sur la place : grande joie !
Ensuite passage à l'accueil des pèlerins pour obtenir la Compostela... super ambiance dans la file d'attente (1h env.) avec deux grands Sud-africains, père et fils, des italiennes dont une se fait fêter son anniversaire...
Et félicitations de la dame anglaise qui m'accueille. 1006 km de Sevilla à Santiago. En réalité j'ai dû en faire 30 de moins mais bon, ça fait plaisir.
Puis le soir toute notre petite équipe a refait table commune autour d'un délicieux pulpo gallego et quelques bières en attendant Pili et nous faire nos adieux.
Nous sommes tous contents mais un peu tristes aussi que ça s'arrête et de nous quitter. Nous nous retrouverons chez l'un ou l'autre ou sur un autre chemin...

Silleda - O Outeiro (15/5)

Un peu inquiétant le brouillard humide du matin... mais déjà après la messe de Pentecôte à Silleda, le temps se levait un peu. Ensuite... SOLEIL ! 
Alors le paysage a pu offrir toute sa beauté avec de belles forêts de chênes, des prairies fleuries... dans les cours des maisons les camélias sont couverts de fleurs, les glycines étirent leurs lianes parfumées, les rhododendrons explosent de couleurs et tout cela bien sûr sur des camaïeux de verts éclatants.
Quelle merveille cette Galice ! Dommage de ne l'avoir quasiment pas vue de cette façon.
Ce matin à l'église le curé était génial : il faisait tout et 2 fois il a sorti sa guitare de derrière l'hôtel pour accompagner allègrement les chants.
Cet après-midi sur le chemin j'ai croisé une dame -dans mes âges- et nous avons papoté un bon quart d'heure... bien sympa...
Nous avons tout de suite accroché avec l'hospitalera de l'auberge Pili Suaba. Elle espère me revoir à Santiago s'il y a une nouvelle fois une rencontre des associations jacquaires et d'ici là nous garderons le contact.

samedi 14 mai 2016

Castro-Doñon - Silleda (14/5)

Grosse étape (du moins pour moi !) de 27.8 km aujourd'hui. Au réveil, en voyant le brouillard de novembre à l'extérieur qui était en fait un bon crachin bien mouillé, après avoir été fiévreuse toute la nuit et bien toussante, j'avais envie de prendre un bus ou un taxi pour réduire les kilomètres. Finalement en discutant avec les copains au petit déjeuner, le moral m'est revenu et je me suis dit que je pouvais démarrer et que je verrais ensuite. J'ai bien résisté à la tentation aussi quand à un carrefour un taxi s'est arrêté et a discuté 2mn avec moi sur la distance qui restait.
Et finalement je suis arrivée au bout.
Encore une fois le chemin est très joli mais complètement gâté par le temps. Moins de gadoue et de ruisseaux qu'hier, juste un peu sur la fin.
J'ai retrouvé à 4 km de l'arrivée les copains italiens de Modene : Paolo et Paola, un couple charmant, qui visitaient une petite chapelle qui m'avait tentée aussi.
Hier soir j'ai eu aussi le plaisir de voir arriver Encarnación et Antonio, copains pèlerins avec lesquels j'étais en contact Whatshap et que j'avais rencontrés en même temps que Dieta à Casar de Cáceres. Nous terminerons ensemble à Santiago...
Qu'il est beau ce chemin...

vendredi 13 mai 2016

Cea- Castro Doñon (13/5)

Quel bonheur de retrouver mes chers amis Cecilia et Andrès ! Nous nous étions vus la dernière fois à Genève - il y a au moins 2 ans - quand ils y vivaient encore.
Ce matin ils m'ont remise sur le chemin, à Oseira plus présiment, une des deux variantes (la plus longue) de l'étape. J'avais très envie de voir ce magnifique monastère cistercien. J'ai attendu la visite guidée de 10 h en discutant avec l'hospitalero de l'auberge : Luc, un belge retraité, qui vient ici tous les ans donner de son temps et faire - je crois - une retraite spirituelle. Un homme vraiment charmant.
La visite du monastère est très intéressante et les lieux sont splendides. J'ai cru m'y congeler... je l'ai faite avec 3 pèlerins espagnols, un cycliste et deux autres que j'ai retrouvés à l'auberge en arrivant.
Après il a bien fallu repartir... sous la pluie évidemment. Et les 12 km ont été une galère... tout d'abord des montées et descentes sur des roches-savonettes (vive les bâtons !) et ensuite une savante succession de ruisseaux, piscines et pataugeoires à gadoue...
Quel dommage : ce chemin doit être divin en été ! Il est bordé de murets moussus, de genêts blancs et jaunes, de grandes bruyères étincelantes de goutelettes argentées, de jacynthes sauvages, des prairies paisibles... j'ai vu un tout petit veau d'un jour mais il pleuvait tellement que je n'ai pas sorti l'appareil...
En route, à 13h, dans un minuscule village, j'ai fait une pause réchauffage/casse-croûte avec un délicieuse tortilla francesa au chorizo...
L'arrivée à l'auberge bien chauffée n'était pas du luxe encore une fois !

mercredi 11 mai 2016

Ourense - Cea -Freas (11-12/5)

Départ 7h45 après mon sacro-saint petit déj sans lequel la cucaracha no puede caminar... Incroyable : il fait beau !
Dès le départ pour quitter Ourense le chemin grimpe sec... jusqu'à A Costa... de la chapelle tout en haut de la côte la vue sur la ville est magnifique, avec quelques bancs de nuages qui traînent encore en fond de vallée.
Ensuite le chemin est très agréable : belle forêt un peu magique elle aussi dont je partage l'admiration avec Mariaan et Peit les copains hollandais...
Après 3 h de marche petit arrêt bien venu ensemble dans un joli bar à Tamallos pour un café et un nocadillo de chorizo...
La fin du chemin jusqu'à Cea - malgré le joli passage boisé, le petit pont, les vieilles pierres - est plutôt difficile... ce n'est plus que le lit d'un ruisseau et au mieux la gadoue, la gadoue...
L'arrivée à Cea est bien agréable avec le célèbre pain cuit au bois du village et les vieilles maisons restaurées.
A l'auberge typique du pays je retrouve Juan et Encarna qui sont déjà arrivés...
Tout comme moi ils trouvent que l'étape a été difficile : 22 km bien raides...
Après une bonne douche, quelques instants plus tard, arrivent Cecilia et Andres, mes amis galiciens qui viennent me récupérer... adieux émus avec mes compagnons de route... nous nous verrons peut-être à Santiago.. mais pour sûr le 15/5/2017 à Tours !

lundi 9 mai 2016

Vilar de Barrio - Xunquiera de Ambia (9/5)

Enfin du soleil ! De gros nuages lourds à l'horizon, quelques petites gouttes parfois... mais finalement du beau temps...
Petite étape aujourd'hui de 14 km qui nous fait passer par de tout petits villages avec des horreos et de très vieilles maisons en granit.
Il a tellement plu qu'il nous faut encore traverser des piscines et des bourbiers...
Je marche tantôt seule, tantôt avec les 2 couples de copains espagnols.
Et le chemin nous conduit une nouvelle fois à une forêt enchantée avec des arbres extraordinaires, chênes sans doute presque millénaires... les sangliers sont passés par-là : ils ont retourné les bords du chemin et ça sent un peu le fauve... mais rien en vue... juste les chants mélodieux des oiseaux... en suivant des petits chemins creux bordés de vieux murs de pierres moussues...
Nous arrivons ensuite à l'auberge (très bien) à Xunquiera. Après un excellent repas au bar Uede retour à l'auberge pour une sieste... heureusement un orage éclate et à nouveau déluge de grêle et d'eau...

dimanche 8 mai 2016

Laza - Vilar de Barrio (8/5)

Ce matin, au départ de Laza, il pleuvait, mais pas trop... le parapluie suffisait. Quelques kilomètres plus loin avant d'attaquer la grande montée bien raide de 500m de dénivelée la pluie s'est calmée de temps en temps... heureusement ! Quelques trouées dans les nuages m'ont permis d'admirer le superbe paysage. J'ai assuré dans la grimpette... presque en haut, on arrive au village d'Albergueiras où nous attend l'incontournable bar-épicerie "Descanso del peregrino" : à ne surtout pas manquer ! Chaque pèlerin qui s'y arrête inscrit son nom à l'intérieur d'une coquille St Jacques que le patron accrochera au mur ensuite... et tout en est couvert, du sol au plafond ! C'est vraiment sympathique. J'ai laissé une coquille des tourangeaux à compléter par Gérard quand il passera !
Encore un peu de grimpette et ensuite redescente (plus douloureuse encore) de 300m de dénivelée pour arriver en vue de Vilar de Barrio.
L'auberge municipale est parfaite.
Avec les compagnons de la soirée précédente (1 couple de catalans Dolors et Vincent de Reus + 1 couple de Grenade-Jaen) nous avons déjeuné chez une vieille dame Carmiña, face à l'auberge, qui nous a concocté un délicieux repas maison pendant au moins... 2 h... Ensuite et depuis (il est 19h) il y a eu de l'orage et le ciel a déversé des baquets de pluie. J'espère qu'il n'en restera plus pour demain !